lundi 8 octobre 2012
Le prix de l'idée
"Oubliez le recyclage, ce sac est une pièce de collection".
Un sac en papier ? Vous n'y êtes pas, malheureux. Ceci est un sac griffé, une "déclaration de mode", comme l'explique le porte parole de Jil Sander, la marque qui réinterprète ce grand classique en posant sa griffe sur le papier. Une petite signature qui explique le prix : 290 $ (223 € au cours interbancaire du jour, j'aime la précision, je suis journaliste financier). Inutile de vous précipiter, tout a été vendu en quelques jours.
Scandale ? Les designers vont-ils trop loin ? Est-ce l'extravagance de trop pour ce monde de la mode déjà bien déconnecté de nos soucis de simples mortels ? Et tout ça alors qu'il y a des enfants qui meurent de faim ?
Taratata.
J'ai envie de crier au génie, pour ma part. C'est économiquement formidable ! Coût de revient, sans doute une vingtaine de cents, un dollar maximum. Rentabilité 29.000 % ! Je regrette vraiment de ne pas être Jil Sander. Je pourrais vendre les boîtes en plastique du traiteur chinois 400 € l'unité, ou le papier d'emballage de la boucherie au prix du carré Hermès. Mais voilà, je ne suis pas Jil Sander, et mes super idées n'ont pas la même valeur.
Pire, je vais avoir l'impression de favoriser la contrefaçon chaque fois que le primeur mettra mes légumes dans un sac en papier marron.
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samedi 6 octobre 2012
C'est long, deux ans
Lorsque j'ai commencé à écrire ce blog, c'était un peu comme d'avoir un nouvel agenda. J'étais extrêmement enthousiaste, j'avais hâte d'empiler les billets, et je croulais sous les idées.
Ah Ah Ah. Cela n'aura pas duré plus qu'un déjeûner de soleil. J'ai commencé un nouveau boulot, deux nouveaux boulots, j'ai accumulé les préoccupations, les projets... Et j'ai laissé mourir mon joli projet de sa belle mort.
Et si on recommençait à zéro ?
Carnets de Serendipity, take 2, action !
mardi 13 juillet 2010
Shanghaï, opium touristique

Je suis rentrée de Shanghai voilà deux semaines.
C'était la première fois que je mettais les pieds en Asie. On m'avait dit de ne m'attendre à rien, je n'ai pas été déçue. J'ai eu, en dehors d'un programme officiel passionnant et bien rempli, presque trois jours pour me perdre dans la ville.
Ce qui devait être un voyage de presse intéressant s'est transformé en une expérience stupéfiante, au sens médicamenteux du terme.
Tout va si vite dans cette ville sous amphétamines... Tout est si haut, si démesuré, si bruyant, si coloré. J'ai été tour à tour ennivrée par l'absence de modération de cette mégalopole qui dévore tout sur son passage, la campagne environnante, le ciel, l'eau. Déboussolée par le chaud et froid permanent du passage des quartiers populaires, sales et bondés, aux quartiers neufs, climatisés et aseptisés. Droguée par la foule frénétique qui m'a saisie et ne m'a plus laissée maître de mes mouvements. Hypnotisée par la nouveauté des sons, des couleurs. Sédatée par le raffinement des jardins, brutalement réveillée par les vapeurs toxiques de la pollution.
Je suis revenue en état d'overdose. Quinze jours plus tard, me voilà en manque.
(Photo prise par moi-même : de la terrasse du bar rouge)
mercredi 17 février 2010
Un peu de couleurs dans ce monde de brutes

Il fait gris sur Paris, il pleuviote de la neige pourrie, j'ai le teint blême et les cheveux électriques. Ma semaine est sordide, mon enquête piétine, les papiers en retard s'accumulent, et dans mon coeur c'est plus Tallinn que Copacabana.
J'ai fait une descente dans mes archives photos. Quand la situation est désespérée, on mérite bien un petit cocktail revigorant, non ?
(Dans l'ordre : la boutique M&M's de Time Square à New York, cupcakes homemade, une enseigne à Key West, une glace au thé vert à washington)
lundi 8 février 2010
Cher Ernest
A l'attention d'Ernest Hemingway,
907 Whitehead Street
Key West, Florida.
Cher Ernest,
J'ai été très impressionnée par la visite que je t'ai rendue à Key West. Quelle merveille que ton jardin ! Et ta ta piscine ! Elle t'a peut être coûté les yeux de la tête, mais elle est d'un chic! Si ta femme n'avait pas été si jalouse, j'aurais aimé y plonger et, après la baignade, lézarder un peu avec toi sous les galeries de fer forgé de la maison, à respirer l'air moîte venu du Golfe. Tu nous aurais servi une margarita puis une deuxième : on aurait parlé de choses et d'autres, de voyages, de reportages et de ton chat à six orteils. Et qui sait ? Personne ne te résiste, Ernest...
J'aimerais beaucoup, lors de ma prochaine visite, m'installer dans ton bureau, si bien sûr tu n'en as pas besoin. Je voudrais faire courir mes doigts sur la tranche de tes livres, les poser sur les touches de ta Remington : l'inspiration me viendra. ET si je somnole sur ta méridienne, peut-être partagerai-je tes rêves ?
Cette petite pièce si calme m'obsède, Ernest. Je vais maintenant ouvrir "En avoir ou pas", comme je l'ai fait en quittant Key West. Ce sera comme si j'étais encore un peu avec toi.
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dimanche 7 février 2010
Headband

Headband... Avant, on appelait ça un bandeau, mais ça faisait sans doute trop Véronique et Davina aux yeux des rédactrices de mode. Va donc pour headband.
Depuis que j'ai compris à quel point ils pouvaient sauver un jour de tourmente capillaire, je suis obsédée des headband. C'est mignon, joliment rétro, et ça rend sophistiqué la broussaille la plus dense. Ceux de Ban-Dô m'ont pâlir d'envie. Jusqu'à ce que je me décide à sortir perles et aiguilles pour customiser des bandeaux H&M.
Voilà mon premier né...
(Photo et bandeau Serendipity)
The Bagel Experience
Prise d'une soudaine nostalgie new yorkaise ce matin aux aurores (11 heures...), j'ai décidé de tenter une "Bagel Experience". J'ai exhumé de ma collection de "Elle" le numéro d'il y a trois semaines qui contenait une recette de bagel. Qu'est-ce que j'aime ces petits pains à trous! Ca me rappelle les matins à Brooklyn, où nous partions à l'assaut de la ville, lestés d'un demi-litre de jus de chaussette et d'un de ces fameux bagels au cream cheese et à la myrtille. Même si ici, la seule destination qui pourrait faire illusion, c'est la mini statue de la Liberté de l'île aux Cygnes, ça ne m'a pas découragée pour autant.
Forcément, Mr B., mon Mr. Big à moi, qui est d'une américanophilie hors norme, a applaudi des deux mains. Et je me suis retrouvée de la farine jusqu'aux coudes à pétrir vigoureusement, faire de petits boudins, les rouler en couronne. Ce soir, avant le dîner, je les ai pochés dans de l'eau additionnée de cassonnade, sel et fécule de pomme de terre puis cuits.
Et les voilà. Pas si mal, non ? Un peu trop petits, mais vraiment croustillants. Ne me manque plus que cette ingénieuse installation aperçue à Boston : un circuit automatisé de sciage-réchauffage-tartinage de bagels, mais on fera sans.
Ce soir, c'est superbowl.
Mr B. est déjà à fond ("Go Saints!"). Mais côté intendance, la championne c'est moi.
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